Chinois  /  Français

Accueil > Culture

“Traverser la rue aux fleurs, passer le nouvel an”

2014-12-27 14:17 Les auteurs: admin Source:未知

Traverser la rue aux fleurs, passer le nouvel an Par Yvonne et Chen Mengwen Vers la fin de lanne, les vendeurs dazales et de narcisses se runissent Shuangmendi, quartier de Canton, formant un grand march floral trs attirant pour fter le nouvel an chi

“Traverser la rue aux fleurs, passer le nouvel an”
Par Yvonne et Chen Mengwen
 
Vers la fin de l’année, les vendeurs d’azalées et de narcisses se réunissent à Shuangmendi, quartier de Canton, formant un grand marché floral très attirant pour fêter le nouvel an chinois.
 
-- Journal du voyage au Guangdong par Zhang Xintai (dynastie Qing)
 
La fête du printemps, l’événement le plus important en Chine, remonte aux époques Yin et Shang. Elle dit adieu à l’année passée et bienvenue à l’année qui vient. Pour les habitants du nord, la fête du printemps est encore un peu loin du vrai printemps, mais à Canton, les rues sont déjà pleines de fleurs. La marée de spectateurs se coule parmi les mers florales jusqu’au matin du premier jour du nouvel an, d’où la fameuse coutume de “traverser la rue aux fleurs, passer le nouvel an.”
 

Coutume des fleurs
Éloigné de la capitale politique de l’époque, le peuple Yue, habitant le Guangdong a formé son propre royaume avant la dynastie Qing. Lors de l’unification des six royaumes par l’empereur Qin Shihuang, le royaume de Yue a été intégré. Mais la dynastie Qing n’a perduré qu’une génération. Avec les troubles de sa fin, le Guangdong a déclaré son indépendance sous la direction du général Zhao Tuo. Ainsi est réapparu le Royaume des Yue du sud, indépendant jusqu’à la dynastie Han, où il a été réintégré dans l’empire. Résultat de ce contexte historique, Canton a des us et coutumes différents de ceux du nord de la Chine. 
 
Sur le plan géographique, les Montagnes Nanling arrêtent l’air froid du nord, entretenant un climat tempéré à Canton : ni trop chaud en été, ni trop froid en hiver, avec des précipitations abondantes et des plantes toujours vertes. Les fleurs sont donc devenues incontournables dans les traditions locales. Lu Jia, écrivain de la dynastie Han de l’ouest, évoque dans son Voyage dans le pays des Yue du sud : “Les filles enfilent le cœur des fleurs avec un fil coloré pour en faire une parure.” Il y a plus de deux mille ans, les fleurs servaient déjà d'ornement à la mode.
 

Le marché aux fleurs dans la vieille ville
Dans la tradition cantonaise, le marché aux fleurs est appelé “rue aux fleurs”. Selon des documents historiques, on parlait déjà des “rues aux fleurs” il y a deux millénaires. Sous la dynastie Ming, plusieurs endroits étaient fixés pour être des marchés aux fleurs. Huadu Qiao est l’un des premiers du genre. Tous les matins, des centaines de palanches de fleurs venant de la rive sud de la Rivière des Perles arrivaient à ce marché pour y être vendues.
 
Avec la demande croissante de fleurs, les marchés aux fleurs nocturnes firent leur apparition sous le règne de l’empereur Qianlong des Qing. Des archives historiques parlent de la foule des marchés de nuit s’apparentant à des fourmilières, et y restant jusqu’au lendemain matin. Si les marchés aux fleurs nocturnes étaient déjà si animés le reste de l’année, ils l'étaient d’autant plus à la veille de la fête du printemps. Les fleuristes s'apprêtaient deux ou trois jours avant pour établir des stands dans les rues et y installer les fleurs. À l’entrée et à la sortie du marché étaient souvent érigées d’immenses paifang (牌坊, portes monumentales). La veille du nouvel an chinois, ce n'était plus que lumières vives, fleurs épanouies, nombreux visiteurs. Outre les fleurs, les commerçants en profitaient également pour vendre divers objets : antiquités, bonbons et laques, attirant ainsi de nombreux visiteurs insatiables. Il faut noter que même pendant la Guerre contre le Japon, les habitants de Canton ont réclamé l’organisation du marché aux fleurs à la veille du nouvel an. Plus étonnant encore : une année, l’alarme a sonné lors du marché, mais les habitants n’ont pas paniqué et ont continué à admirer et acheter des fleurs; La tradition était plus forte que la peur de la guerre! 
 
Pays millénaire des fleurs
Chencun, commune de Foshan à 25km de Canton, est connue pour être le pays millénaire des fleurs. L’horticulture y remonte à plus de deux mille ans et était très appréciée par la cour impériale, dont elle devint le fournisseur spécial. Selon les archives historiques locales : “Chenchun vend des fleurs et des fruits aux autres contrées : longane et litchi depuis la dynastie Han, fleurs rares et précieuses sous la dynastie Song.” Sous la dynastie Qing, l'horticulture s’élargit davantage, et des scènes de transport des fleurs vers les contrées environnantes firent leur apparition dans la poésie et les archives: “Devant la commune, on ne voit que des fleurs”, “les bouquets de fleurs s’agitent dans les bateaux.”
 
Aujourd’hui, Chencun dispose du plus grand marché de fleurs en Asie. L’Exposition mondiale des orchidées qui s'y tient tous les ans est encore plus sensationnelle. Rien que pour les orchidées, plus de vingt millions de pieds se vendent pendant chaque session ! Chaque année, à l'approche de la fête du printemps, Chencun organise des galas de fleurs, réunissant des milliers de variétés, attirant des millions de spectateurs et acheteurs. 
 
Langage autour des fleurs
Le marché aux fleurs étant attendu de la population pour la nouvelle année, qui n'a pas traversé le marché aux fleurs n'a pas vraiment passé le jour de l'an! Pour les Cantonais, se promener dans la rue des fleurs, c'est s’imprégner des parfums et exprimer ses vœux pour une année abondante et heureuse. Quant au choix des fleurs, les habitants locaux sont très minutieux car chacune a sa propre signification. 
 
Le kumquat et le narcisse font partie des fleurs les plus prisées sur le marché : en chinois en effet, la prononciation de kumquat “桔” est similaire à celle de “吉” qui signifie “bon augure”. Quant au narcisse, c’est un symbole sublime de pureté : il donne une ambiance d’harmonie et d’élégance à la fête traditionnelle. La fleur de pêcher est la plus populaire chez les jeunes, car sa prononciation (桃) est quasi homophone de “图” dans le dialecte local, et ainsi “红桃” (fleur rouge de pêcher) est homophone de “鸿图” signifiant “ la belle carrière”. En même temps, la fleur de pêcher est considérée comme apportant de la chance en amour. Quant aux autres fleurs : l’œillet de Chine, symbole de bonheur et de sollicitude, est le meilleur choix pour les enfants exprimant leur reconnaissance aux parents ; le lis (百合), symbole de bonheur conjugal centenaire, est idéal pour les couples. 
 
Aujourd’hui, au marché aux fleurs de Canton, la veille du nouvel an, les variétés de fleurs sont encore plus nombreuses que par le passé, attirant des foules encore plus abondantes. Les gens se promènent en famille dans ces marchés : les riches dépensent des sommes importantes pour acheter des fleurs rares et précieuses ; les moins riches peuvent tout de même se permettre un pot de kumquat pour le plaisir. La tradition de la promenade dans le marché aux fleurs perdure depuis des millénaires, et l’attente simple d'une nouvelle année continue, comme toujours. 
分享到:

Autres articles

Nous-connaitre
L'ICUP a été le premier Institut Confucius installé en France et le deuxième établi en Europe.
  • Copyright © 2014 L'Institut Confucius de l'Université de Poitiers ICP 08002516 Web Video Permission 0109385